con.finement 2020

Bonjour mes douceurs,

Vous allez bien ?  cela semble tout d’un coup être une question un peu « con » celle qui confine peut-être davantage, la réponse ne pouvant pas changer grand chose à la situation finalement. Mais, dans le fond, vraiment, j’espère que vous tenez le coup.

Ce matin, au jour 3 du confinement, j’ai eu besoin d’être rassurée, de savoir que mon entourage plus ou moins proche était serein ou au moins confiné correctement et surtout eu besoin d’écrire; de vous écrire. (d’ailleurs l’explosion des écrivains en herbe après tout ça, risque d’être impressionnante moi je triche « j’écrivais » déjà avant ça) . Mais comme cela fait un moment que je n’ai pas reposé mes doigts sur un clavier, je risque de déraper, de ne pas savoir quoi écrire, entremêler ce que je pense et ce que je peux écrire, divaguer … bref soyez indulgents.

Je parle évidemment à titre complétement personnel (enfin j’écris, enfin vous avez compris) et ça ressemblera évidemment à une sorte de discussion de comptoir virtuelle, parce qu’évidemment j’adore ce lieu et que le coude n’a jamais été autant utilisé ces derniers temps et puis parce que j’ai le temps, hein ! (on ne va pas se mentir, on en a pas mal en ce moment parait-il).

Le premier choc, avant celui du confinement, fut celui de devoir fermer le Kiosque (pour rappel le lieu où j’exerce mon métier de fleuriste), une première réflexion à la limite de la colère  » mais comment ça les fleurs ne sont pas essentielles ?  » pour moi si, mais comme on n’est pas qu’égoïstes, on se dit que oui, il faut fermer, pour (se) protéger.

Deuxième réflexion: chouette, on va pouvoir récupérer des fleurs pour soi ( c’est les parents qui sont contents) et fleurir son intérieur !

Troisième réflexion qui rejoignait la première : « du coup je n’ai plus de travail c’est ça ? Ok soit, mais après ? » j’aime mon travail comme jamais, j’aime mon équipe, j’aime l’ambiance de mon travail, j’aime parler aux gens, j’aime accueillir les nouveaux clients en me disant que ce sera un nouveau challenge à chaque fois, j’aime baigner mes plantes, nettoyer et changer l’eau des vases, recouper les tiges avec un sécateur qui coupe bien, préparer les fleurs, gérer les transmissions florales … bref, vous l’aurez compris j’aime mon métier, j’aime la chance que j’ai de pouvoir l’exercer alors que je me suis reconvertie il y a à peine un an, j’aime la confiance que l’on me donne, j’aime quoi ! Mais pour le après, je ne sais pas …. alors quitte à ne pas trop y penser, je me dis qu’au contraire, tout le monde aura envie après tout ça de s’entourer de fleurs, de prendre soin de ses plantes, de fleurir les tombes ….c’est tout ce que je (me) souhaite en tout cas.

Pour le moment, je me dis qu’il faut en « profiter » que même si  ce ne sont pas des vacances, comme il n’y en aura sûrement pas après, autant  » profiter »,  je crois même que j’ai déjà pris un coup de soleil (à défaut d’un coup de je t’aime, moi qui n’ai déjà pas de type, c’est pas en confinement que je risque de trouver l’amour, mais ça fait 31 ans  que « j’attends » je ne suis donc pas à quelques mois près, nous sommes d’accord !)

Je me sens plus que privilégiée, d’être au grand air, entourée de mes parents, dans la Drôme Provençale, à St Restitut aka la maison du bonheur. J’ai évidemment peur de tomber malade, que les autres le deviennent, que ça aille de pire en pire, mais je relativise et là, à l’instant T, je vais bien alors pas d’affolement inutile.

Le choix a été assez rapide pour le lieu du confinement, je ne pouvais pas aller chez mon keum donc, car il ne connaît pas encore mon existence, cela a été donc vite fait, filer dans la Drôme pour assurer un soutien psychologique.

Je crois vraiment que je n’aurai pas tenu toute seule dans mon appartement.  Je serai sûrement entrain de dormir encore ou somnoler, boudinée dans mon pyjama, un verre (et sûrement pas rempli d’eau) me glissant entre les doigts; ou alors en train de devenir plus Marie Kondo qu’elle même. Je suis donc nettement plus à l’aise avec moi même , face à mon ordi, devant le jardin ensoleillé.

Et du coup je pense très fort à mes supers copines célibataires, qui ont plein de ressources en elles.  Je pense à tout le monde évidemment.  A mon frère et à ma sœur. A ceux qui travaillent encore pour le bien-être des autres.  A ma famille, aux derniers amis que j’ai vus, à l’inconscience que l’on a eu de se réunir encore une dernière fois,  aux copains qui travaillent encore pour nous sauver, bref j’ai le temps de penser à vous tous.

Je vais avoir le temps de faire du vélo d’appartement face à la mer ou presque (on ne va pas hésiter si on peut se faire un summer body par la même occasion), je vais avoir le temps de connaître les fleurs préférées de mes amies, je vais avoir le temps d’appeler pour prendre des nouvelles,  je vais avoir le temps de retomber sur un vieux livre que j’avais oublié de lire et qui fait plus de 1000 pages, je vais avoir le temps d’apprendre mes végétaux ou du moins essayer, je vais avoir le temps … je vais avoir le temps de l’avoir.

Prenez soin de vous is le new « bisous ».

Soyez égoïstes pour fois et si vous prenez l’apéro, prenez vos cacahuètes dans un petit (ou grand) bol individuel. ( marche aussi avec tous les aliments d’ailleurs)

En attendant, de vous revoir, le but étant quand même que tout ça se termine rapidos, je vous embrasse très très fort mais de très très loin.

 

On se donne des nouvelles, c’est important.

 

(merci au talentueux père d’Hortense pour l’illustration)

 

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